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Today I die

Aujourd'hui, les innovations technologiques rythment nos vies et nous enferment dans un esprit de compétition sans limites. La course aux avancées technologiques se poursuit et bat, jours après jours, tous les records. Mais cette course, Daniel Benmergui a décidé de la regarder de loin, voire de très loin. Il a alors pris un autre chemin, avec une toute autre destination. Il est parti en quête du succès en emportant sous un bras sa fabuleuse énergie créatrice et sous l'autre son sens poétique. Il laisse alors sur son chemin quelques grands succès comme I Wish I Were the Moon, ou StarWave... Et plus récemment Today I die.

N'étant pas une férue de jeux vidéo en tout genre, c'est avec un peu d'appréhension et non sans crainte que je me lance dans ce jeu. Je pars alors vers l'inconnu, et bien avant mon premier clic, je suis interpellée par la simplicité étonnante de ce qui se trouve devant mes yeux. Une simple fenêtre, qui ne me demandera pas d'attendre plusieurs minutes afin de me m'exposer pubs et autres barres de téléchargement. Cette fenêtre nous montre un décor ultra pixellisé et des couleurs légèrement fades. Je commence à être envoutée par cet univers décalé. Alors je clic, et me voilà plongée dans l'inconnu total. Pas d'explications, pas de commentaires, et soudain je me sens coupable. Coupable de ne rien savoir faire pour cette jeune fille qui semble se noyer. Sa représentation sommaire me fait deviner un poids qui l'entraine vers le fond, ainsi que le mouvement de ses cheveux et de sa robe. Les méduses qui l'entourent ne semblent pas l'attaquer Comment m'y prendre ? En survolant les éléments du décor, je découvre qu'ils bougent. C'est parti, je tente des combinaison, je prends, je pose, je découvre... Et mon attention se tourne vite vers des mots, qui semblent s'animer. Et en les déplaçant eux aussi je découvre qu'ils peuvent s'ajouter à la phrase titre du tableau. Cette phrase me laisse pensive et sa poésie m'entraine un peu plus dans l'univers mélancolique du jeu. L'engrenage est lancé, je découvre avec plaisir les différents mondes, les actions qui me permettent d'évoluer dans ces mondes, les mots que je peux débloquer. Et même si mes actions semblent imprécises, à force d'acharnement je découvre que cette charmante histoire détient un fil conducteur, que les mondes doivent s'enchainer dans un ordre précis, et que mes actes doivent être réfléchis pour me libérer.

Au bout de quelques minutes, je découvre la fin du jeu. Cette fin que je ne dévoilerai pas me rappelle soudainement I wish I were the Moon, elle intensifie brusquement la poésie de l'univers qui commençait à s'oublier. Et c'est à force de jeu, et de hasard que je découvre avec surprise l'autre fin possible. Une surprise de taille qui résulte d'un geste hasardeux. Une surprise aux allures de conte de fée des temps moderne où la jeune femme déciderait seule de son destin. Je comprends alors que Benmergui nous offre une poésie d'un genre nouveau. Une poésie d'ordre actuel, qui marche.

Pour en revenir au jeu, il faut noter l'importance des mots. Ces mots qui s'ajoutent à une phrase sont le seul moyen de comprendre. Ils nous guident à travers les mondes et nous poussent à agir. En fait, ici, la poésie est directement au service du jeu. Je pense alors que la force de Today I die se trouve là, et que Benmergui aura réussi à exploiter au maximum ces deux aspects. Enfin, on peut ajouter que la musique est parfaitement en accord avec l'ambiance du jeu. Elle s'adapte aux actions, et permet d'avoir toujours en tête que ce jeu est une pure poésie.

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Justine MANIGAUD,
Etudiante en DUT SRC, IUT du Limousin